Avez vous besoin d’une assurance santé privée lors d’un voyage au Canada

Le risque croissant de voir le virus Zika bientôt se propager aux régions du sud des États-Unis, notamment en Floride, au Texas, au sud-est de l’Atlantique et aux autres États du Golfe, incitera les jeunes familles qui prévoient partir en vacances d’été à choisir le Canada comme destination. (Je précise « jeunes familles » étant donné que la menace du virus Zika est plus élevée chez les femmes enceintes ou chez celles qui peuvent tomber enceinte).

Heureusement, Aedes aegypti, l’espèce de moustique qui transmet ce virus, n’est pas endémique au Canada, c’est pourquoi cette situation (accompagnée d’un dollar en baisse) incite encore plus à effectuer des voyages à l’intérieur du pays cet été.

Et se pose ensuite la question suivante : « Ai-je vraiment besoin d’une assurance voyage privée pour visiter mon pays? »

Posez la question aux agents de voyage, aux sites Web officiels du gouvernement, aux « motor leagues » et aux assureurs qui vous répondront toujours oui, bien que le Canada fournit depuis longtemps des soins de santé complets et universels à tous ses résidents, peu importe où ils habitent.

Mais attendez-vous peut-être à une réponse plus prudente du type : « Cela dépend de votre situation. »

Comprenez que Medicare est conçu et dirigé par votre province et non par Ottawa. Il s’agit d’un programme provincial (avec des financements fédéraux) qui, par conséquent, possède ses propres règles, barèmes de prestation, taux de remboursement du fournisseur et ses propres coûts qu’il couvre ou non. Et ces règles varient d’une province à l’autre.

En vertu de la Loi sur les soins médicaux, qui a amené les soins de santé universels au Canada, et de son successeur, la Loi canadienne sur la santé (révision en partie de la Loi d’origine), les Canadiens sont admissibles à la transférabilité des services de soins de santé quelle que soit leur destination. Mais le gouvernement fédéral n’a pas réussi à appliquer pleinement l’exigence en matière de transférabilité (p. ex. en permettant à des provinces de payer seulement une modique somme pour les soins de santé lorsque vous quittez le pays).

La Colombie-Britannique, par exemple, paie les hôpitaux étrangers seulement 75 $ (canadiens) par jour pour les soins hospitaliers fournis par ses résidents qui sont retenus par des urgences médicales à l’étranger. Les autres provinces ne font pas beaucoup mieux. Mais c’est une autre histoire.

En ce qui concerne la couverture au Canada, les provinces disposent d’ententes réciproques les unes avec les autres en vertu desquelles les provinces ou territoires offrant le service directement facturent votre province ou territoire d’origine pour la plupart des services médicaux nécessaires. (Le Québec se trouve en marge de ces ententes, mais il s’agit là d’une autre histoire). Donc dans l’ensemble, vous ne prenez pas un gros risque financier en souscrivant une couverture pour ces services de base médicaux et hospitaliers.

Mais il existe certains avantages additionnels (p. ex. les médicaments d’ordonnance, les services ambulanciers terrestres et aériens et les soins offerts par les professionnels de la santé alliés) qui ne sont pas transférables à l’extérieur de votre province ou territoire d’origine, et ils peuvent être relativement élevés. (Tel que le cas d’Amy Savill en 2015.) Par exemple, en Nouvelle-Écosse, les frais d’ambulance en cas d’urgence qui sont payables par le patient sont de 142,30 $. Au Manitoba, ils varient de 270 $ à 530 $. Dans les autres provinces, ces frais varient assez considérablement. Et si vous voyagez dans une région assez reculée et que vous avez besoin d’une ambulance aérienne pour vous rendre à l’hôpital le plus proche, ces tarifs seront bien plus élevés; et probablement à votre charge.

Tout dépend de la manière dont vous vous sentez face à un niveau de risque en particulier.

Si la perspective de dépenser 400 $, 500 $ ou même 1000 $ de votre poche ne vous dérange pas en cas de problème de santé inattendu, et que vous souhaitez prendre le risque, il est donc possible qu’une assurance santé privée ne vous convienne pas. Nombreuses sont les personnes qui considérent qu’une assurance est principalement conçue pour couvrir un événement catastrophique sur le plan économique, comme être en proie à une attaque cardiaque à Miami.

D’un autre côté, si prendre ce risque vous met mal à l’aise et que vous préférez payer disons 300 ou 400 $ pour couvrir votre famille contre la possibilité que l’un d’entre vous aurait besoin de prendre l’ambulance pour se rendre à l’hôpital ou d’un nouveau médicament pendant votre voyage, dans ce cas l’assurance voyage constitue un bon achat.

Peu importe votre décision, choisissez-la en fonction de votre police ainsi qu’en fonction de vos niveaux de risque et de confort. Discutez-en avec un conseiller en assurances voyage, ou si vous bénéficiez d’une assurance santé privée fournie par votre employeur ou d’un régime de retraite, renseignez-vous, vous pourriez découvrir que vous êtes déjà couvert.

Ce que vous devriez toutefois éviter, c’est de négliger la question « Ai-je vraiment besoin d’une assurance voyage privée pour visiter mon propre pays? »

 

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