Le moustique Aedes ne transmet pas que le virus Zika

Court article : Le virus Zika : ce qu’il faut savoir

 

Introduction

Le virus Zika continue de se répandre, et des médecins et scientifiques ont officiellement fait savoir qu’ils ont établi un lien de cause à effet entre les femmes enceintes infectées par ce virus et la microcéphalie chez les nouveau-nés (en plus d’autres anomalies cérébrales).[1] Cuba, la Dominique et le Vietnam sont les pays qui ont le plus récemment enregistré des premiers cas où la maladie a été contractée localement. De son côté, le Panama a annoncé dernièrement avoir décelé un premier cas de microcéphalie potentiellement associé au virus Zika, et le Brésil continue de subir la transmission à grande échelle du virus, avec une hausse majeure des cas de microcéphalie chez les nouveau-nés. Et en Colombie, les cas de fièvre Zika augmentent au moment même où la saison des pluies approche (ce qui amènera encore plus de moustiques).

[1] http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMsr1604338?query=featured_zika

 

Propagation du virus Zika

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Source de l’image : OMS

 

Le virus Zika n’est toutefois pas le seul virus transporté par des moustiques à susciter l’inquiétude dans le monde. Le présent article retrace l’épidémiologie (la propagation) de deux arbovirus semblables — celui de la dengue et de celui du chikungunya — et identifie les moustiques qui en sont les principaux porteurs. Cet aperçu ne tient pas compte d’autres maladies transmises par les moustiques comme la malaria (214 millions de cas à l’échelle mondiale en 2015) et la fièvre jaune (qui tue, selon les estimations, 30 000 personnes par année). Cependant, savoir d’où vient le virus Zika, quels moustiques en sont porteurs et en quoi il ressemble à d’autres arbovirus (ou s’en distingue) peut vous aider à déterminer les répercussions pouvant en découler pour votre santé ainsi que pour les collectivités se trouvant dans des zones affectées par ces virus.

 

Qu’est-ce que le virus Zika, et pourquoi une telle inquiétude?

Le virus Zika fait partie de la famille des arbovirus, une catégorie de virus qui se transmettent par l’intermédiaire des arthropodes (« arbo » est une abréviation de l’anglais arthropod-borne – transporté par les arthropodes). Les arthropodes sont une famille d’invertébrés qui inclut notamment les tiques, les moustiques, les araignées et les crustacés. Ils ne sont toutefois pas tous des vecteurs (transporteurs) compétents du virus Zika. Celui-ci a pour vecteur principal couramment reconnu le moustique Aedes aegypti, qui vit dans les climats tropicaux et subtropicaux (nous y reviendrons plus loin). L’infection au virus Zika se produit quand les gens sont mordus par un moustique qui en est porteur. Il existe d’autres modes de transmission possibles, comme les relations sexuelles, mais les morsures par des moustiques infectés constituent de loin le mode de transmission le plus courant.

Quand ils se manifestent, les symptômes attribuables au virus Zika sont légers. Dans les faits, environ 80 % des personnes infectées par ce virus n’affichent aucun symptôme. Et quand il y a des symptômes, ceux-ci sont habituellement mineurs et incluent la fièvre, des éruptions cutanées, la conjonctivite (yeux rougis), des douleurs musculaires et articulaires et un malaise général. La communauté médicale vient cependant d’établir avec certitude un lien de cause à effet entre le virus Zika et la microcéphalie (en plus d’autres anomalies cérébrales) chez les enfants. Elle craint de plus que le virus Zika puisse être lié au syndrome de Guillain-Barré (SGB). Au Brésil, la flambée récente de cas de fièvre Zika et le signalement de cas de microcéphalie ont incité certains gouvernements à émettre des avertissements aux voyageurs conseillant aux femmes enceintes d’éviter de se rendre dans des zones aux prises avec des éclosions de fièvre Zika. En outre, il y a des craintes et des preuves croissantes que le virus Zika pourrait être à l’origine d’autres affections de la moelle épinière, du cerveau et du fœtus en plus du SGB et de la microcéphalie.

 

Existe-t-il d’autres virus semblables au Zika?

Le virus Zika n’est pas le seul à appartenir à la famille des arbovirus. Certains autres virus en font aussi partie, et quelques maladies présentent des similarités avec celles causées par des arbovirus sans être classifiées comme telles. Le virus de la dengue est l’arbovirus le plus répandu; on estime que 40 % de la population mondiale vit dans des zones où se transmet cette maladie.[1] Les symptômes de la dengue ressemblent à ceux de la fièvre Zika, mais ils sont beaucoup plus prononcés. Environ 1 cas sur 10 de dengue sévère a une issue fatale (ce qui équivaut globalement à 1 décès par 2 000 cas de dengue).[2]

Le virus chikungunya est un autre arbovirus courant. Son apparition dans les Amériques ne remonte qu’à décembre 2013, mais il aurait entraîné depuis plus de 1,8 million de cas en Amérique latine, dans les Caraïbes et aux États-Unis.[3] Les symptômes de la maladie sont ici aussi similaires à ceux de la dengue et de la fièvre Zika. Bien que les chercheurs travaillent à mettre au point des traitements, les maladies comme la dengue, le chikungunya et la fièvre Zika sont actuellement impossibles à prévenir au moyen de vaccins ou de remèdes prophylactiques. La seule façon de s’en prémunir consiste à éviter les morsures de moustiques.

Il existe quelques autres arbovirus dont certains vous sont peut-être déjà familiers, notamment ceux qui causent la fièvre jaune, la fièvre du Nil occidental et divers types d’encéphalite. Il existe aussi d’autres virus transportés par des moustiques qui entraînent des symptômes et des complications semblables mais qui ne sont pas considérés comme des arbovirus. La maladie la plus répandue qui leur est attribuable est la malaria, qui est causée par un protozoaire transmis par le moustique Anopheles. En 2015 seulement, il y a eu 214 millions de cas de malaria et 438 000 décès associés à cette maladie. [4] Près de la moitié de la population mondiale est à risque (soit 3,2 milliards de personnes). Il importe de savoir que de nombreux groupes de population dans le monde, tout autant que les voyageurs, sont exposés aux arbovirus et à des maladies causées par des virus semblables, dont le Zika n’est que l’un des représentants.

[1] http://www.cdc.gov/ncezid/dvbd/

[2] http://www.cdc.gov/ncezid/dvbd/

[3] http://www.paho.org/hq/index.php?option=com_topics&view=readall&cid=5927&Itemid=40931&lang=en

[4] http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs094/fr/

 

Vecteur  principal – le moustique Aedes

  Chikungunya Dengue Zika
Aedes aegypti Yes Yes Yes
Aedes albopictus Yes Rarely Potentially

 

 

Aedes aegypti

Le moustique Aedes aegypti, communément appelé moustique de la fièvre jaune, prolifère dans les zones tropicales et subtropicales du monde. On croit que ce moustique originaire d’Afrique aurait migré vers les Amériques il y a plusieurs siècles après l’arrivée des Européens.[1] Des spécialistes ont découvert que la plupart des populations de moustiques Aedes aegypti de l’Amérique du Sud sont génétiquement similaires à celles de l’Asie du Sud-Est, ce qui porte à croire que les populations de moustiques Aedes aegypti de l’Asie et de l’Australie sont venues des Amériques en migrant au-dessus du Pacifique.[2] [3] Les moustiques Aedes aegypti vivent dans des zones urbaines dotées ou non de végétation, et déposent leurs œufs à l’intérieur comme à l’extérieur.[4] Ce sont des insectes piqueurs discrets dont l’activité culmine aux environs du lever et du coucher du soleil (y compris après l’aube et avant le crépuscule).[5]

[1] http://www.scielo.br/scielo.php?script=sci_arttext&pid=S0074-02762013000900011

[2] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16181519

[3] http://www.scielo.br/scielo.php?script=sci_arttext&pid=S0074-02762013000900011

[4] http://www.cdc.gov/dengue/resources/30Jan2012/comparisondenguevectors.pdf

[5] http://oecologiaaustralis.org/ojs/index.php/oa/article/viewFile/oeco.2010.1403.09/444

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Source de l’image : eLife 2015

 

Aedes albopictus

Le moustique Aedes albopictus, communément appelé moustique tigre, est présent dans un éventail de climats plus vaste que son cousin Aedes aegypti. Il a démontré sa capacité à s’adapter aux climats tropicaux et subtropicaux aussi bien qu’aux lieux plus frais plus secs et plus tempérés.[1] Par conséquent, on retrouve des populations d’Aedes albopictus aussi loin au nord que les Grands Lacs en Amérique du Nord, le nord de l’Italie et la Slovénie en Europe. Cet insecte indigène de l’Asie de l’Est est le moustique qui se répand le plus dans le monde, et on le considère aujourd’hui comme une espèce envahissante sur plusieurs continents. Il est arrivé dans les Amériques beaucoup plus récemment que son cousin Aedes aegypti, y ayant possiblement été amené avec des chargements de pneus usagés en provenance de l’Asie. Aedes albopictus est avant tout un moustique de plein air que l’on retrouve dans les fourrés et la végétation arborescente.[2] Il pique de façon agressive le jour, son activité culminant aux environs du lever et du coucher du soleil (y compris après l’aube et avant le crépuscule).[3]

[1] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2212601/

[2] http://www.cdc.gov/dengue/resources/30Jan2012/comparisondenguevectors.pdf

[3] http://oecologiaaustralis.org/ojs/index.php/oa/article/viewFile/oeco.2010.1403.09/444

 

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Image source: eLife 2015

 

Épidémiologie historique

Dengue

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Source de l’image : CDC Source de l’image : CDC Source de l’image : CDC

 

Il existe quatre souches du virus de la dengue : DENV1, DENV2, DENV3 et DENV4. Ce virus circule probablement depuis des centaines d’années, car on signale des cas de dengue datant d’aussi loin que du XIXe siècle, mais il n’a été isolé pour la première fois qu’en 1943 (au Japon), puis encore en 1943 (en Polynésie française) et enfin en 1944 (à Hawaï).[1] Une deuxième souche (DENV2) a pour sa part été signalée pour la première fois en Papouasie-Nouvelle-Guinée (en 1944). On croit qu’à l’époque, les déplacements internationaux liés à la Seconde Guerre mondiale ont été un facteur dominant de la transmission du virus d’une région à une autre. Des épidémies ont commencé à éclore de l’Inde jusqu’aux Philippines.

Au tournant de la deuxième moitié du XXe siècle, la transmission de la dengue mimait étroitement la propagation du moustique Aedes aegypti, avec une migration du virus au-dessus des océans à la faveur probable d’une urbanisation croissante et du mouvement des biens et des personnes entre les pays. Un programme d’éradication à large portée du moustique Aedes aegypti a été lancé dans les Amériques dans les années 1960 et s’est prolongé jusqu’au début des années 1970, réduisant efficacement les populations de ce moustique ainsi que les épidémies de dengue liées à celles-ci.[2] Le fléchissement de cette campagne d’éradication dans les années 1970 a cependant mené au retour rapide du moustique Aedes aegypti et de la dengue.

La dengue est maintenant endémique dans de nombreuses régions tropicales et subtropicales. Cette maladie revient donc tous les ans, habituellement au cours d’une période où les populations de moustiques Aedes aegypti sont abondantes, comme la saison des pluies. La plupart du temps, la dengue ne provoque pas de symptômes, mais lorsqu’il y en a, ils peuvent prendre la forme d’une fièvre dengue (FD) légère ou de maux plus graves comme la fièvre dengue hémorragique (FDH) ou la fièvre dengue avec syndrome de choc (DSC).[3] La dengue est la maladie arbovirale la plus répandue dans le monde, et on estime que 40 % de la population mondiale vit dans des zones où elle se transmet. L’Organisation mondiale de la santé estime qu’il y a chaque année entre 50 et 100 millions d’infections, dont 500 000 sont des cas de FDH grave (22 000 d’entre eux menant à la mort, surtout chez les enfants).[4]

[1] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3946041/

[2] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3946041/

[3] http://www.ajtmh.org/content/87/4/584.full.pdf

[4] http://www.cdc.gov/dengue/epidemiology/

 

Chikungunya

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Source de l’image : CDC   Source de l’image : PAHO

 

 

 

Le virus chikungunya a initialement été détecté pendant une épidémie le long de la frontière entre le Mozambique et la Tanzanie (en 1952-1953). Une éclosion survenue à Bangkok en 1958 a été la première occurrence connue du chikungunya en Asie. Le chikungunya a continué de se répandre, avec des éclosions en Inde, au Sri Lanka, au Cambodge, au Vietnam, au Myanmar, au Laos et en Indonésie jusqu’au milieu des années 1980, période où les manifestations de la maladie ont diminué.

Le virus est réapparu au tournant du présent siècle. Il a fait surface en Malaisie (en 1998-1999), a causé une éclosion majeure en République démocratique du Congo (en 1999-2000) puis s’est manifesté au Kenya (en 2004). À partir du Kenya, le virus s’est propagé rapidement vers l’est au milieu des années 2000, faisant son apparition dans les îles de l’ouest de l’océan Indien puis en Inde, en Thaïlande et en Indonésie.[1] Dans l’île de La Réunion, située dans l’ouest de l’océan Indien, une éclosion massive a touché selon les estimations 266 000 personnes (34,5 % de la population de l’île). D’un point de vue médical, cette éclosion s’est avérée significative, car le virus chikungunya avait connu une mutation génétique qui permettait dorénavant au moustique Aedes albopictus d’en devenir un vecteur efficace (le principal vecteur de la maladie était auparavant le moustique Aedes aegypti).[2] Peu après, une épidémie de chikungunya a frappé plusieurs États de l’Inde, affectant selon les estimations 1,25 million de personnes.

Ensuite, le virus chikungunya a été signalé pour la première fois en Europe quand plus de 200 personnes ont été infectées dans le nord-est de l’Italie en 2007. Des éclosions ont continué de se produire dans toute l’Asie du Sud-Est, et le premier cas de transmission locale dans les Amériques a été signalé dans le département de Saint-Martin dans les Antilles françaises (en décembre 2013). Au cours des mois suivants, le chikungunya s’est propagé à plusieurs îles des Caraïbes. En juin 2014, les estimations indiquaient que plus de 165 000 personnes dans les Amériques avaient déjà été affectées par la transmission locale du virus après un seul semestre. Le virus a continué de se répandre, et des cas de la maladie contractée localement ont été déclarés en France plus tard la même année.

Le chikungunya affecte maintenant de nombreuses régions tropicales et subtropicales ainsi que davantage de zones tempérées, en raison de la capacité des moustiques Aedes aegypti et Aedes albopictus à en être les vecteurs efficaces, bien qu’Aedes aegypti demeure le transporteur principal. Comme dans le cas de la dengue, les épidémies se produisent généralement pendant des périodes humides ou pendant la saison des pluies, même s’il y a eu des éclosions en Afrique à la suite de sécheresses (les récipients d’eau ouverts servant alors de nids reproducteurs pour les moustiques).[3] Depuis 2005, 1,9 million de cas de chikungunya ont été déclarés en Inde, en Indonésie, aux Maldives, au Myanmar et en Thaïlande.[4] De plus, depuis le moment en décembre 2013 où le virus est apparu pour la première fois dans les Amériques, plus de 1,8 million de cas suspectés ont été signalés en Amérique latine, dans les Caraïbes et aux États-Unis.[5] Même si le virus ne cause pas souvent la mort (bien que les décès ne soient pas inusités), des douleurs articulaires intenses peuvent néanmoins persister pendant des mois ou des années.

[1] http://cid.oxfordjournals.org/content/49/6/942.full

[2] http://cid.oxfordjournals.org/content/49/6/942.full

[3] http://wwwnc.cdc.gov/travel/yellowbook/2016/infectious-diseases-related-to-travel/chikungunya

[4] http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs327/fr/

[5] http://www.paho.org/hq/index.php?option=com_topics&view=readall&cid=5927&Itemid=40931&lang=en

 

Fièvre Zika

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Image source: WHO Image source: WHO

 

On a isolé le virus Zika pour la première fois en Ouganda (en 1947), dans le cadre d’une expérience visant à recueillir des données sur la fièvre jaune chez les singes rhésus. Même s’il est probable que ce virus ait été présent depuis longtemps chez les primates d’Afrique (ou chez d’autres hôtes), c’était la première fois qu’il était isolé. Peu après (en 1952), on a découvert que des anticorps du virus Zika étaient naturellement présents au sein de populations humaines de l’Ouganda et de la Tanzanie, puis le virus a été isolé pour la première fois chez l’humain au Nigeria (en 1954).[1] Entre la fin des années 1960 et le début des années 1980, le virus Zika s’est largement répandu géographiquement et a migré vers l’Asie équatoriale, affectant notamment le Pakistan, l’Inde, la Malaisie et l’Indonésie. Aucune éclosion de la maladie n’a cependant été documentée avant 2007.

Une éclosion de fièvre Zika sur l’île de Yap, dans le sud-ouest du Pacifique (en 2007), a amené la communauté médicale internationale à se pencher de nouveau sur le virus Zika. On estime que cette éclosion a provoqué l’infection de 73 % des habitants de l’île âgés de plus de trois ans.[2] Quelques années plus tard, des éclosions se sont produites sur certaines autres îles du Pacifique. La Polynésie française a connu une grave éclosion en 2013, pendant laquelle on estime que 28 000 personnes (11 % de la population) ont dû recevoir des soins médicaux. Le virus Zika a été détecté pour la première fois dans les Amériques un an plus tard (en 2014), et une éclosion est survenue en mars 2015 dans la région nord-est du Brésil. C’était la première fois que la présence du virus était signalée sur le continent sud-américain.

En date d’avril 2016, il appert que le virus Zika est présent dans 33 pays des Amériques, 17 territoires en Océanie et dans les îles du Pacifique, ainsi qu’au Cap-Vert en Afrique. Tout récemment, on a ajouté Cuba, la Dominique et le Vietnam à la liste des pays où des gens ont contracté la maladie localement. Le Brésil évalue que 1,5 million de cas se sont déjà déclarés sur son territoire, tandis que la Colombie est au deuxième rang des pays les plus touchés avec 64 839 cas confirmés et suspectés au début d’avril 2016.[3] La saison des pluies arrivera bientôt en Colombie, et la population de moustiques va exploser. Autrement dit, les cas de fièvre Zika dans ce pays sont susceptibles de monter en flèche. Les autorités colombiennes craignent d’être aux prises avec plus de 600 000 cas d’ici la fin de l’année. L’Organisation mondiale de la santé a prévenu que la fièvre Zika pourrait se répandre dans toutes les Amériques, les seules exceptions étant le Canada et le Chili, et elle a officiellement déclaré que la situation était une urgence de santé publique de portée internationale (USSPI). Cette maladie est ainsi classée dans la même catégorie que l’ont été la grippe porcine, la polio et la fièvre Ebola ces dernières années.

[1] http://www.who.int/bulletin/online_first/16-171082/en/

[2] http://www.who.int/bulletin/online_first/16-171082/en/

[3] http://www.ins.gov.co/boletin-epidemiologico/Paginas/default.aspx

 

Conclusion

Le virus Zika est un enjeu sanitaire mondial. Il circule déjà dans l’ensemble du monde, infectant de grands groupes de gens et suivant les mêmes avenues de propagation que celles d’autres arbovirus. Si on découvre que le moustique Aedes albopictus est un vecteur compétent du virus Zika, comme le soupçonnent déjà certains professionnels de la santé, il est possible que le virus se répande aussi dans des climats plus tempérés.[1] Heureusement, environ 80 % des cas de fièvre Zika sont asymptomatiques. Ce qu’il faut craindre, ce sont les conséquences pour les femmes enceintes qui vivent dans des zones affectées ou s’y rendent en voyage. Quand elles sont infectées par le virus Zika, ces femmes (même si elles ne présentent aucun symptôme) courent un risque accru d’avoir des enfants souffrant de microcéphalie ou d’autres troubles. Comme la maladie frappe un grand nombre de gens, les zones massivement affectées par la fièvre Zika pourraient être confrontées à un fardeau social d’ordre générationnel, surtout dans les lieux privés d’institutions sociales ou mal outillés pour faire face à ce type de situations.

La dengue et le chikungunya, qui peuvent entraîner des complications à long terme pour la santé, voire la mort, sont déjà présents dans de nombreuses parties du monde. Quarante pour cent de la population mondiale vit dans des zones où se transmet la dengue et où on compte entre 20 000 et 25 000 cas mortels par année, surtout chez les enfants. Au cours des dernières années, des millions de gens ont été infectés par le virus chikungunya, et celui-ci vient tout juste d’apparaître dans les Amériques. La malaria, qui est transmise par le moustique Anopheles, est une maladie prévalente dans des zones où vivent 3,2 milliards de personnes et où 214 millions de cas et 438 000 décès ont été comptabilisés en 2015 seulement.

Le virus Zika soulève des inquiétudes à l’échelle mondiale, d’autant plus qu’on vient de trouver un lien de cause à effet entre lui et la microcéphalie et d’autres affections graves. Mais d’autres virus et maux du même genre ont déjà touché des millions, sinon des centaines de millions, de gens. On n’insistera jamais assez sur l’importance d’être bien informé, surtout quand on sait qu’il n’existe actuellement aucun vaccin ou traitement prophylactique contre ces virus.

Sur le plan sociétal, prévenir la transmission de maladies associées aux moustiques peut se faire en libérant dans la nature des moustiques génétiquement modifiés, ou en émettant des avis à la population rappelant la nécessité de réduire les sites où les moustiques se reproduisent localement et d’utiliser des mesures de prévention individuelles. Sur le plan personnel, vous pouvez vous protéger des moustiques  en utilisant des insectifuges contenant du DEET (sécuritaire pour les femmes enceintes), en portant des chemises à manches longues et des pantalons de couleur claire, en utilisant des moustiquaires et en séjournant dans des lieux climatisés ou dotés de moustiquaires aux portes et aux fenêtres.

Nous vous incitons à continuer de vous informer pour préserver votre santé, le bien-être des gens qui vous sont chers, la sécurité de vos employés ou par simple intérêt général pour la vie humaine. Il existe des ressources fiables qui indiquent les conditions sanitaires qui prévalent dans chaque pays et territoire du monde. Se tenir au courant des faits qui concernent son propre pays de résidence, les pays voisins et les endroits que l’on planifie de visiter constitue une façon simple et efficace de prendre l’initiative et de limiter le risque de contracter des maladies.

 

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[1] http://www.cbc.ca/news/world/zika-mosquito-brazil-1.3489572

 

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